Africana  

Revue de presse du
Centre de documentation africaine



No: 305 Juin-02 Année 2008.11

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Crime contre l'humanité
Mais d'où vient la crise alimentaire mondiale ?


Le sommet spécial des Nations unies sur la crise alimentaire mondiale a pris fin à Rome sans que les participants aient pu s'entendre sur les origines de cette catastrophe appréhendée. Maints délégués ont mis en cause l'emploi de terres agricoles pour la production de biocarburants. D'autres s'en sont pris aux «spéculateurs», qui seraient responsables aussi de la flambée de l'essence. D'autres encore évoquent la consommation croissante de viande en Asie. Mais, faute d'un diagnostic commun, l'ONU n'a pu convenir d'une politique de sécurité alimentaire.

En somme, des millions de gens seraient menacés en raison de pratiques économiques inacceptables. D'aucuns y voient même un prochain «crime contre l'humanité». Mais personne n'en serait coupable. Dans l'immédiat, soit les tout prochains mois, le Programme alimentaire mondial (PAM) a obtenu assez de fonds et d'appuis pour répondre aux besoins les plus urgents. Dans un proche avenir, toutefois, la crise risque, dit-on, de revenir, cette fois à plus grande échelle. Aussi importe-t-il d'en discerner les causes.

On avait cru vaincre la faim dans des pays jusqu'alors démunis ou vulnérables aux sécheresses. Une «révolution verte» avait modernisé les récoltes, notamment en Asie. Mais, en même temps, les subventions des pays industrialisés à leurs agriculteurs supplantaient les productions des pays en développement. C'est ainsi que le riz des États-Unis a pris la place du riz produit en Haïti. Même l'aide du Canada aux pays pauvres a pris, jusqu'à tout récemment, la forme de dons en nature, c'est-à-dire de subsides à ses propres producteurs.

Pendant ce temps, des millions de paysans, négligés par leurs gouvernements, étaient aussi ignorés des grands programmes de développement international. Au cours des dernières années, avec l'explosion démographique -- en particulier en Afrique --, les réserves alimentaires ont fondu dangereusement. Une partie grandissante de cette population était donc en proie à une sous-

alimentation chronique.

Que le PAM ait eu à nourrir autant de gens dans autant de pays était déjà une indication sérieuse que l'équilibre entre population et alimentation était précaire. Dans un tel contexte, il était inévitable qu'une mauvaise récolte en Australie, par exemple, un changement climatique ailleurs, ou un accaparement de sols cultivables pour y produire de l'éthanol perturbe les marchés.

La question de l'éthanol

Les États-Unis, le Canada et l'Ukraine sont des greniers de la planète. Une mauvaise récolte, pensait-on, n'aurait qu'un effet temporaire, si dramatique soit-il. Mais un changement permanent aux conditions de production ne risquait-il pas d'avoir des conséquences catastrophiques? C'est ce dont on soupçonne le détournement des terres agricoles vers la production de biocarburants. Les pertes de cultures vivrières iront même en croissant si les fermiers doivent, comme plusieurs gouvernements les y invitent, en extraire de plus en plus d'éthanol pour satisfaire à des «objectifs nationaux».

Même aux États-Unis, l'éthanol n'a pas seulement eu un effet sur la disponibilité locale du maïs de consommation courante, mais aussi sur d'autres produits ainsi que sur leur prix. Toute une industrie s'est ruée sur ce biocarburant, bien que ses coûts de production et de distribution aient assez tôt fait déchanter des politiciens qui y ont d'abord vu une solution quasi miraculeuse aux problèmes d'environnement ou de sécurité liés au pétrole.

L'éthanol tiré du maïs n'aura guère contribué à la sécurité énergétique, mais il a déjà un effet négatif sur l'insécurité alimentaire des populations. L'industrie que les gouvernements y subventionnent prétend ne contribuer que faiblement à la hausse des prix agricoles. Loin d'être responsable de la flambée que l'on y constate, elle aurait, dit-on, un effet modérateur en offrant un substitut au pétrole. (Le pétrole, en effet, qui compte pour un coût important des biens industriels, influe aussi sur le prix des produits de la ferme.)

Ses promoteurs auront fort à faire, cependant, pour mettre l'opinion de leur côté. Des dirigeants de pays aux prises avec la crise alimentaire ont peut-être voulu faire diversion en s'en prenant à l'éthanol. Mais ils auront touché une corde sensible en clamant, comme le président Hosni Moubarak de l'Égypte, que «la terre doit nourrir les humains, non les automobiles». Certes, des terres sont encore accaparées par des villes, et donc perdues pour la production alimentaire: on en sait quelque chose au Québec! Mais aucune ville ne survivra si elle ne peut trouver à nourrir ses habitants.

Supprimer la production agricole de l'éthanol pourrait éliminer la pression supplémentaire que ce biocarburant exerce sur la disponibilité des denrées et leur prix. Mais cette mesure ne ferait que rétablir l'équilibre précaire qui laissait déjà des centaines de millions de personnes dans un état de sous-alimentation chronique. De même, éviter la spéculation des fonds de placement sur le marché des denrées, comme le Congrès s'y emploie ces temps-ci à Washington, peut réduire la poussée sur les prix. Mais cette réglementation n'augmentera pas les récoltes.

Les petites fermes

Une autre stratégie alimentaire s'impose. D'aucuns attribuent les désordres actuels aux mesures protectionnistes, qui empêchent le libre marché d'offrir des choix aux consommateurs et de contenir les prix à des niveaux abordables. C'est oublier que le marché ne répond qu'à la demande solvable. Pour les centaines de millions de gens qui survivent avec à peine un dollar par jour, l'offre gérée par l'agrobusiness reste hors de prix. C'est plutôt la production par les petits paysans qui doit être libérée.

Telle est du moins l'option que propose Lennart Båge, le président du Fonds international pour le développement de l'agriculture. «Les petites fermes, écrit-il dans le Globe and Mail, ont souvent une production très efficiente mesurée à l'hectare, et elles ont un potentiel énorme de croissance.» Bien sûr, il faut appuyer sans retard les secours d'urgence aux populations affamées. Mais c'est aussi dès maintenant que l'on doit accorder aux fermiers pauvres les fonds qui leur permettront d'acheter les semences, les fertilisants et les instruments nécessaires et, ainsi, de produire une plus grande récolte la prochaine saison.

À plus long terme, Båge propose d'accélérer la réforme du commerce agricole et des subsides à la production agroalimentaire de manière à permettre aux pays pauvres d'en bénéficier. (L'Union européenne et l'Amérique du nord sont encore loin d'y être favorables.) «Nous devons investir davantage dans les nouvelles technologies agricoles», ajoute-t-il. Et si on veut promouvoir une production alimentaire qui soit durable, il est nécessaire, à son avis, d'augmenter substantiellement les investissements dans l'agriculture des communautés rurales pauvres.

Cette orientation suppose que les investissements agricoles ne seront pas détournés par des régimes corrompus, comme il n'en manque pas en pays pauvres, ou que les terres rendues plus productives ne seront pas confisquées par les mafias locales ou achetées par des multinationales de l'agrobusiness.

Ainsi, le Canada a versé autrefois des millions en Haïti pour d'ambitieux projets de «développement rural intégré»: engrais, routes, écoles, cliniques, rien n'y manquait. La faim a pourtant gagné du terrain depuis. L'hypothèse voulant que les paysans pauvres puissent accéder à un niveau de vie décent et contribuer au développement de leur société n'était pas mauvaise. Encore aurait-il fallu nettoyer Port-au-Prince des prédateurs qui règnent sur le pays. Dans plusieurs autres pays, n'en est-on pas encore là?

Jean-Claude Leclerc

(Le Devoir, 09 juin 2008)

Cherche preneurs d'idées désespérément !

J'en ai une, il faut se dépêcher, ce n'est pas tous les jours que je suis inspirée, mais celle-ci, je crois, mérite d'être diffusée, plagiée, extorquée, peu importe, mais faites-en quelque chose, gens de bien !

L'idée, je l'ai eue un soir, à une heure de... grande indignation ! Je venais de lire un papier dont s'est fendue la secrétaire d'État française aux Droits de l'homme, Rama Yade la boudeuse, dans un journal du soir, évoquant le camp des « civilisés », son camp, contre ceux qui ne le sont pas, suivez mon regard... D'accord, on connaît le discours de son patron à Dakar, mais elle n'est pas obligée de mettre les pieds dans ceux de Sarko, elle finirait dénaturée, elle, l'Africaine qui ne peut nier ses racines sans se rendre ridicule.

Je me suis dit, au lieu de perdre mon temps dans de vaines querelles : Je vais me rendre utile, et j'ai trouvé l'idée, la voici, je fournis même l'argumentaire : « Nul peuple ne détient à lui seul la civilisation. Aucune nation n'a le « capital de la civilisation », ni le privilège de la prééminence culturelle. La civilisation est la chose la mieux partagée du monde. Elle est le patrimoine et le socle commun de l'humanité. Chaque aire géographique et culturelle y a apporté sa petite pierre. Nous ne sommes pas des îlots juxtaposés, nous sommes une lignée qui transmet, se relaie, s'enrichit mutuellement. Que l'on soit une grande ou une petite nation, que l'on soit le conquérant de la Lune ou l'habitant d'une tribu d'Amazonie, nous avons fabriqué de la civilisation, chacun à son échelle, à sa manière et en son temps, la civilisation est partout, elle est sans frontières. L'attitude qui consiste à diviser le monde en « civilisés » et « non-civilisés » est une aberration, la manifestation d'un européocentrisme qui classe, décrit, répertorie, définit, selon une certaine conception de la démocratie, des libertés individuelles, de la laïcité. Pour nous, les Arabo-Musulmans, oualou ! »

Ce que je suggère? Créer une association, une fondation, n'importe, qui s'appellerait Civilisations sans frontières. On y militerait pour affirmer que la civilisation est notre mère, comme dirait feu Driss Chraïbi, mettre en exergue toutes les cultures, qu'elles soient anciennes ou contemporaines, modernes ou traditionnelles, sortir du sempiternel concept de la « diversité culturelle », pour insister, au contraire, sur les racines du legs commun, autrement dit, aller à l'encontre du fameux « choc des cultures » en affirmant que les cultures s'épousent, se copient et sont cousines depuis toujours. On pourrait commencer par un état des lieux des apports civilisationnels, créer un numéro Vert pour « civilisations en péril » ou des observatoires des savoirs anciens. Ce n'est pas bien comme idée ? Pour d'autres détails, m'écrire à J.A. Idéologues sectaires et profanateurs d'Histoire, s'abstenir.

Fawzia Zouari,

Jeune Afrique, 17 mai 2008

 

Lettre du Père Georges Jacques, assistant du Supérieur général,

après une visite chez nos confrères Missionnaires d'Afrique en Algérie.

Les raisons de leur présence dans ce pays musulman.

Permis de ...Permis de conduire...

Après une semaine de découvertes étonnantes et plus de 2000 km sur les routes du sud algérien, alors qu'il me remettait les papiers me signifiant le retrait de mon permis de conduire, le gendarme me demandait gentiment : " Vous aimez l'Algérie ? " Avalant ma salive, je lui ai répondu un petit oui. Le lendemain, après une bonne nuit de repos, je n'avais plus d'hésitation. Oui, j'ai tout aimé - ou presque tout - de l'Algérie.

Permis d'aimer...

A la fin de son discours d'intronisation au siège d'Alger, le Cardinal Lavigerie, notre fondateur, en s'adressant solennellement aux Algériens musulmans, leur disait : " Je réclame le privilège de vous aimer comme mes fils... Il est deux choses que nous ne cesserons de faire et qui ne peuvent ni vous inquiétez ni vous détournez de nous : la première, c'est de vous aimer et de vous le prouver, si nous le pouvons, en vous faisant du bien ; la seconde, c'est de prier pour vous... ". Ces paroles du Cardinal restent pleinement d'actualité. Cet amour pour la population qui vous accueille, je l'ai perçu dans le respect dont vous témoignez pour l'Islam et ses croyants, dans la qualité de votre accueil, dans les prières d'action de grâce qui s'exprimaient parfois le soir. Ce n'est pas de la naïveté. Mais vous savez faire le tri et vous vous efforcez de porter sur votre pays d'adoption un regard positif.

J'ose ajouter que vous êtes aimés.

Sans doute quelques uns ne vous apprécient pas beaucoup et préfèreraient vous voir quitter le territoire, mais partout j'ai perçu beaucoup de respect pour vous. Votre présence, votre persévérance, votre solidarité touchent ceux qui vous connaissent. Plusieurs algériens rencontrés ici et là, un visiteur, un étudiant venu consulter la bibliothèque, un pompiste, un douanier à l'aéroport, un policier me l'ont fait comprendre sans mots superflus. "Il est deux choses que nous ne cesserons de faire... vous aimer... et prier pour vous ! ".

Permis de vivre libre... et de " faire du bien ".

Nous avons aujourd'hui difficilement accès aux écoles, hôpitaux ou prisons. Le type d'engagement qui vous est encore permis en Algérie est limité. L'Eglise qui est en Algérie change de visage : davantage d'étudiants subsahariens chrétiens, une diminution du nombre de prêtres diocésains, mais des agents pastoraux venant d'horizons beaucoup plus variés. Parmi les confrères, la tendance est bien là de vouloir s'occuper davantage de la petite communauté chrétienne. Mais que ce service d'Église ne nous fasse pas perdre de vue que nous sommes au Maghreb pour rencontrer et aimer en priorité ceux qui ne partagent pas notre foi. Vous avez fait preuve d'imagination et il vous en faudra encore beaucoup... pour sortir et aller à la rencontre de ceux qui sont la raison même de notre présence en Algérie. Ne vous laissez pas enfermer, ni physiquement, ni psychologiquement, ni spirituellement.

Aux confrères de Tunisie

La visite de l'Algérie est certainement celle qui m'aura le plus marquée. Toute la route, Paco m'a rappelé - du vrai lobbying - que le Maghreb m'était ouvert. Il me faudra donc encore réfléchir à l'invitation. Bien fraternellement,

Georges Jacques

 


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Afrique –Migrations: De Naïrobi, le Cardinal Martino parle sur les erreurs des politiciens et des médias - "Cela n’est pas surprenant que les questions relatives aux migrations internationales, aux évacués et aux réfugiés figurent à l’agenda des corps législatifs des gouvernements… l’impression devient nette que les phénomènes liés aux migrations ne sont pas considérés dans leur complexité… De fait les politiciens et l’administration publique concentrent leur attention presque exclusivement sur les stratégies et sur les mécanismes de contrôle et d’arrêt du phénomène. Et quand les médias en font le compte-rendu, on peut remarquer le plus souvent une tendance à souligner les aspects les plus dramatiques de ce drame social et humain, c’est-à-dire la mort, la criminalité. la prostitution, le terrorisme politique, l’extrême pauvreté et les réactions sociales violentes en résultant ou celles xénophobes liées aux migrations”. C’est ce qu’a déclaré le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical de la Pastorale des Migrants et des Itinérants, intervenu hier au Congrès continental africain, en cours du 2 au 5 juin à Nairobi (Kenya) sur le thème “Erga Migrantes caritas Christi: pour un meilleur soin pastoral des migrants en Afrique”, auquel participent des délégations provenant de tout le continent. “On ne peut plus continuer à parler d’immigration – a ajouté le cardinal – en ignorant les causes du phénomène et les implications socio-culturelles en dérivant. La liste est effrayante : extrême pauvreté, déséquilibres démographiques, nationalismes exaspérés, chômage, dépendance économique, hostilité et violence contre les immigrés, les réfugiés et les étrangers en général. Une action urgente est nécessaire”. "Il est vrai – a ajouté le cardinal – que le phénomène de la migration, volontaire ou forcée, a toujours fait partie de l’histoire humaine, mais a récemment pris une dimension structurelle et universelle aux significations toujours plus complexes". Encourageant les gouvernements et les organisations internationales à élaborer “une interprétation nouvelle et illuminée du phénomène migratoire”, le président du Conseil pontifical a réaffirmé l’attention de l’Église et son “soin maternel” dans la promotion constante de la dignité de chaque être humain et le respect de ses droits fondamentaux. [CO] (Misna, 4/6/2008)

ONU - Le PAM affecte $1,2 milliards en assistance alimentaire d'urgence dans 62 pays - Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé aujourd'hui qu'il allait affecter $1,2 milliards en assistance alimentaire d'urgence pour aider des millions de personnes dans 62 pays qui ont été le plus durement frappés par la crise alimentaire. « Si nous n'agissons pas rapidement, au lieu d'avoir un milliard de personnes au bas de l'échelle, il y en aura deux milliards, et ce pratiquement du jour au lendemain car leur pouvoir d'achat se verra divisé en deux du fait de la multiplication par deux du prix du carburant et de la nourriture » a averti Josette Sheeran, la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM). Josette Sheeran a ainsi annoncé que le PAM allait tripler le nombre de personnes qui reçoivent des vivres en Haïti, doubler leur nombre en Afghanistan et fournir plus d'aide alimentaire en Somalie, en Ethiopie et au Kenya. Le Libéria, le Cambodge, le Burkina Faso, la Mozambique, le Yémen, le Sénégal, le Burundi, la République Centrafricaine et la Sierra Leone figurent également sur la liste des pays qui bénéficieront de l'aide du PAM. Au cours de ces opérations, le PAM ciblera également les communautés frappées par des catastrophes climatiques et les écoliers défavorisés qui sont souvent les premiers à souffrir de la faim. La directrice exécutive a par ailleurs relevé que la communauté internationale avait fait d'important progrès au cours des quatre dernières décennies pour réduire la faim dans le monde, le pourcentage de personnes affamées ayant chuté de 37% à 17% en 2002. Elle a cependant averti que les prix record de la nourriture et du carburant risquent de défaire tous ces acquis et d'augmenter la misère humaine. "Ce défi est un défi collectif à l'échelle mondiale. Il ne concerne pas uniquement un ou deux pays, mais est ressenti par tous les Etats et toutes les institutions du monde, » a-t-elle signalé. (AllAfrica, United Nations, 4 Juin 2008)

VATICAN - Sommet FAO: Pape, la faim est “inacceptable” dans un monde avec autant de ressources - "La faim et la malnutrition sont inacceptables dans un monde qui dispose en réalité de niveaux de production, de ressources et de connaissances suffisants pour mettre un terme à ce genre de drames et à leurs conséquences". La contradiction est mise en évidence par Benoît XVI dans un message envoyé aujourd’hui pour l’ouverture du sommet de la la Fao sur l'urgence alimentaire, lu au nom du pape par le cardinal-secrétaire d'État Tarcisio Bertone “La globalisation croissante des marchés ne favorise pas toujours la disponibilité d’aliments et les systèmes productifs sont souvent conditionnés par des limites structurelles ainsi que par des politiques protectionnistes et des phénomènes spéculatifs qui relèguent des populations entières en marge des processus de développement” a ajouté le Pontife en s’adressant aux chefs d’état et de gouvernement ainsi qu’aux responsables des institutions internationales rassemblés à Rome ; le grand défi d’aujourd’hui, a continué le Pape, est celui de “globaliser non seulement les intérêts économiques et commerciaux, mais aussi les attentes de solidarité, dans le respect et la valorisation de l’apport de chaque composante humaine”. Dans son message, Benoît XVI a renouvelé le souhait formulé lors de sa récente visite au siège de l’Onu à New York : l’urgence de dépasser le “paradoxe d’un consensus multilatéral qui continue d’être en crise à cause de sa subordination aux décisions de quelques-uns”; une recommandation suivie de celle de “collaborer de façon plus transparente avec les organisations de la société civile engagées à combler l’écart croissant entre richesse et pauvreté” et de “poursuivre ces réformes structurelles qui, au niveau national, sont indispensables pour affronter avec succès les problèmes”. Pauvreté et malnutrition, a ajouté le Pontife, "ne sont pas une simple fatalité, provoquée par des situations environnementales adverses ou des calamités naturelles désastreuses” et “les considérations de caractère exclusivement technique ou économique ne doivent pas prévaloir sur les devoirs de justice à l’égard de ceux qui ont faim (…) Le droit primaire à l’alimentation est intrinsèquement lié à la tutelle et à la défense de la vie humaine, une roche solide et inviolable sur laquelle se base tout l’édifice des droits humains”. En conclusion, le Pape invite à élaborer de nouvelles stratégies de lutte contre la pauvreté et de promotion du développement rural, “également par le biais de processus de réformes structurelles qui consentent d’affronter les défis de la sécurité et des changements climatiques; par ailleurs, il faut accroître la disponibilité de nourriture en valorisant la nature potentiellement industrielle des petits agriculteurs et en leur garantissant l’accès au marché. La hausse globale de la production agricole pourra cependant être efficace seulement si elle est accompagnée de la distribution effective d’une telle production et si celle-ci sera destinée en premier lieu à la satisfaction des besoins essentiels." [CC/CO][CO] (Misna, 3/6/2008)

* - Catholiques et musulmans affirment la « dignité » de toute personne - Accord sur 5 points - Catholiques et musulmans affirment la « dignité inaliénable » de toute personne, dans un communiqué conjoint qui indique un accord sur cinq points. « Avec l'aide de Dieu, le Comité de liaison islamo-catholique a tenu sa 14e rencontre au Vatican, du 11 au 13 juin,  ce qui correspond au 7-9 Jumada le 2, 1429 H », indique ce communiqué. Il précise que la délégation catholique était conduite par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et la délégation musulmane par le prof. Hamid bin Ahmad Al-Rifaie, président du Forum international islamique pour le dialogue, de Jeddah, en Arabie Saoudite. Le thème de la rencontre était : « Chrétiens et musulmans en tant que témoins du Dieu de justice, de paix et de compassion, dans un monde souffrant la violence ». « Le thème a été traité d'un point de vue religieux, selon l'enseignement de nos deux traditions religieuses », indique le communiqué, en anglais et en arabe, qui cite les cinq points qui ont rencontré un accord. Le premier point concerne la dignité humaine : « De la dignité inhérente à tout être humain jaillissent des droits et des devoirs ». Le deuxième point concerne la justice et la paix : « La justice est une priorité dans notre monde. Elle requiert, au-delà de la mise en œuvre des mesures légales existantes, le respect des besoins fondamentaux des individus et des peuples, par une attitude d'amour, de fraternité, et de solidarité. Sans justice, il ne peut y avoir de paix durable ». A propos de la paix, e troisième point affirme : « La paix est un don de Dieu et elle requiert aussi l'engagement de tous les êtres humains, et en particulier les croyants, qui sont appelés à être des témoins vigilants de la paix dans un monde frappé par la violence sous de nombreuses formes ». Pour ce qui est de la compassion, le quatrième point déclare : « Chrétiens et musulmans croient que Dieu est plein de compassion, et par conséquent, ils considèrent de leur devoir de manifester de la compassion envers toute personne humaine, spécialement les nécessiteux et les faibles ». Enfin, le dernier point de ce communiqué touche la « fraternité » dans la « famille humaine » : « Les religions, si on les pratique authentiquement, contribuent effectivement à la promotion de la fraternité et de l'harmonie de la famille humaine ». Le communiqué souligne que les membres du comité ont été reçus par Benoît XVI, « qui les a encouragés à continuer leur engagement à promouvoir la justice et la paix ». (Anita S. Bourdin, Zenit, 15-06-2008)

 


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Afrique – Forum Économique sur l’Afrique: Quel développement pour le continent ? - Le XVIIIème Forum économique mondial sur l’Afrique a débuté ce matin dans la ville sud-africaine du Cap, avec la participation de 800 délégués de 50 nations entre représentants politiques, hommes d’affaires locaux et de grandes multinationales, ainsi que des experts du secteur socio-économique. A l’occasion du Forum, portant sur le thème "Capitaliser les opportunités" un rapport sur les causes freinant le développement économique continental devrait être diffusé, citant entre autres l’eau, les changements climatiques, l’insécurité alimentaire et l’instabilité politique. Tandis que nombre de collègues africains se trouvent au sommet de la Fao en cours à Rome, sept chefs d’état et de gouvernements du continent ont décidé de participer personnellement à la rencontre: le rwandais Paul Kagame, le premier ministre du Kenya, Raila Odinga, le président burundais Pierre Nkurunziza, celui du Malawi Bingu wa Mutharika, le président du Ghana John Kufuor, de la Sierra Leone Ernest Koroma, le nigérian Umaru Yar-Adua, qui est en visite officielle en Afrique du Sud, et bien entendu celui sud-africain Thabo Mbeki. Le Forum économique mondial sur l’Afrique est la section régionale du Forum économique mondial, une organisation fondée en Suisse en 1971, connue en particulier pour le sommet qui se tient chaque année à Davos. [BF/CO][CO] (Misna, 4/6/2008)

* - Crise alimentaire: Une conférence continentale à Nairobi - Améliorer la gestion de l’eau pour stimuler la production agricole dans les pays africains et instaurer des mécanismes plus rapides et efficaces dans les rapports entre les pays du continent et les agences internationales en activité dans le secteur alimentaire. Tels sont les deux thèmes principaux de discussion de la Conférence ministérielle africaine, qui a débuté ce matin à Nairobi, entièrement dédiée au problème de la hausse des prix des biens alimentaires, mais aussi du pétrole, et de la crise alimentaire en résultant dans de nombreux pays africains. La Conférence, le 25ème rendez-vous régional, est organisée par le Fonds des Nations Unies pour l’Agricuture et l’Alimentation (Fao), réunissant jusqu’au 20 juin prochain les ministres et délégations de tous les pays du continent, subissant depuis plusieurs mois déjà les effets désastreux de la flambée des prix des biens de première nécessité. “Je suis certain que les décisions que nous prendrons permettrons à l’organisatiuon et à ses partenaires de trouver les mesures nécessaires pour améliorer l’agriculture et la sécurité alimentaire du continent”, a écrit le directeur général de la Fao, Jacques Diouf, dans le message d’ouverture de la rencontre. [MZ/CO][CO] (Misna, 16/06/2008)

Changements climatiques: "Une position commune pour l'Afrique" - "L'Afrique n'émet que 3,8% des gaz à effet de serre mais subit déjà la plupart des menaces dérivées des changements climatiques : elle doit adopter une position commune et faire en sorte de faire entendre sa voix" : les ministres africains de l'Environnement, réunis à Johannesburg pour une conférence de cinq jours, en sont convaincus. À l'issue de la rencontre, qui s'est achevée jeudi, les participants se sont mis d'accord pour élaborer une stratégie commune destinée à convaincre les pays riches de réduire leurs émissions nocives de 20 à 40% d'ici 2020 et ont proposé la formation d'un comité composé d'experts africains qui se réunira en octobre en Algérie. La conférence a vu la projection de 300 photographies témoignant des changements climatiques au cours des 35 dernières années. En revanche, les progrès d'une centaine de lieux surveillés par satellite ont pu être appréciés dans le cadre de la comparaison entre "avant" et "après", : chaque année, l'Afrique perd quatre millions d'hectares de forêts, avec une moyenne multipliée par deux par rapport au reste du monde ; de plus, 50% des glaciers en Ouganda se retirent et l'urbanisation réduit de manière considérable les aires vertes au Sénégal. Cependant, la situation la plus grave concerne la diminution des précipitations qui entraînera une augmentation de la sécheresse et de la désertification. (CO/CN)(Misna, 13/6/2008)

International - Ban Ki-moon: la production alimentaire mondiale doit augmenter de 50% d'ici 2030 - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a prévenu mardi que la production alimentaire mondiale devait augmenter de 50% d'ici 2030 pour faire face à la crise alimentaire. Lors de l'ouverture du sommet mondial sur la crise alimentaire organisé par la FAO, Ban Ki-moon a demandé que les Etats devaient alléger les restrictions sur les exportations et les tarifs d'importation pour apaiser la crise alimentaire, qui a provoqué la faim et des émeutes dans plusieurs pays du monde. (Le Devoir, 03-06-08)

* - Les milliards consacrés à la guerre augmentent - Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 6% au cours de l'an passé et les profits d'une telle hausse sont revenus aux grandes compagnies productrices d'armements qui ont vu leurs ventes grimper de 8% entre 2005 et 2006 : ces données sont contenues dans le rapport annuel 2008 de l'Institut international de Recherche pour la paix (Sipri), sis à Stockholm, qui a été diffusé lundi. Les dirigeants mondiaux se sont montrés prêts à verser près de 851 milliards d'euros l'an dernier à des opérations belliqueuses, comparés aux quelque 6,5 milliards d'euros - soit 130 fois moins - qu'ils ont choisi de consacrer à la résolution de la crise alimentaire dans le monde lors du récent Sommet de la Fao à Rome. Selon le Sipri, cette augmentation des dépenses militaires se rattache aux objectifs de la politique étrangère, à des menaces réelles ou présumées, aux conflits – dont les principaux étaient au nombre de 14 en 2007 – et aux contributions à des opérations de maintien de la paix – qui se sont élevées à 61 l'an dernier, un record depuis 1999, avec plus de 169.000 personnes employées sur le terrain. D'après l'analyse des 10 dernières années, le rapport révèle que les dépenses militaires ont augmenté de 65% pour l'Amérique du Nord, de 62% pour le Moyen-Orient, de 57% pour l'Asie du Sud et de 51% pour l'Afrique et l'Est asiatique. Avec une augmentation de 13% en 2007, la Russie se place en tête du bloc de l'Europe de l'Est qui a connu la croissance la plus importante au cours de l'an dernier, tandis que les dépenses des États-Unis dans ce secteur représentent 45% du total mondial. Les cinq plus grands fournisseurs du monde – États-Unis, Russie, Allemagne, France et Angleterre – ont réalisé 80% du volume des transactions. (CC/CN) (Misna, 9/6/2008)

* - Une journée mondiale pour lutter contre le travail des enfants - "Malgré les progrès réalisés au niveau mondial dans plusieurs domaines, il est inacceptable qu’autant d’enfants doivent encore travailler pour leur survie et celle de leurs familles", lit-on dans le message du directeur général du Bureau international du Travail (Ilo) Juan Somavia pour la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée aujourd’hui. Malgré le fait que le nombre de mineurs de 5 à 17 ans travaillant, au niveau mondial, soit passé des 246 millions de l’an 2000 à 218 en 2004, le phénomène concerne encore un enfant sur sept. En Afrique sub-saharienne, environ 50 millions de mineurs de 5 à 14 ans sont actifs, soit 26% de la population. La diminution la plus significative a été enregistrée dans les activités les plus à risque, avec une baisse générale de 26%, des 171 millions de mineurs engagés dans des travaux dangereux en 2000 à 126 millions en 2004. [CO][CO] (Misna, 12/6/2008)

OUGANDA - Grande participation à la fête des Martyrs d’Ouganda - Selon l’Eglise locale, 1,2 millions de pèlerins provenant aussi du Kenya, de Tanzanie, de République démocratique du Congo, des Etats-Unis, d’Europe et d’autres pays ont participé aux célébrations de la fête des Martyrs d’Ouganda le 3 juin. L'année dernière ils étaient huit cent cinq mille. Les saints martyrs d’Ouganda sont un groupe de vingt-deux serviteurs, pages et fonctionnaires du roi de Buganda, (l'Ouganda actuel), convertis au catholicisme par les missionnaires d’Afrique (Pères Blancs), qui furent tués dans la mesure où ils étaient chrétiens sous le règne de Mwanga II (1884-1903) entre le 15 novembre 1885 et le 27 janvier 1887. Le pape Benoît XV béatifia les martyrs le 6 juin 1920 et finalement ils furent canonisés le 8 octobre 1964 par le pape Paul VI. Ce dernier, lors de son voyage en Afrique de 1969, leur dédia également le grand sanctuaire de Namugongo, érigé sur le lieu du martyr de saint Charles Lwanga, le plus célèbre du groupe, et de ses compagnons. Ce groupe constitue le premier cas de fidèles catholiques de l’Afrique sub-saharienne à être proclamés saints. (Fides 5/6/2008)

 


Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), 1640, St-Hubert, Montréal, Québec, H2L 3Z3
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