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No 69 Mars 2006.2
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Supérieure Générale
Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique
Sœur Serrano répond aux questions
de Fides
«
Le monde africain n’est plus limité aux frontières géographiques et nous sommes
prêtes à nous engager hors de l’Afrique au service du monde africain. Nous offrons
notre participation pour promouvoir la Justice et la Paix là où se prennent
des décisions qui affectent l’Afrique », déclare la nouvelle Supérieure Générale
des Sœurs Blanches.
Sœur
Maria Pilar Benavente Serrano, espagnole, a été élue en juillet 2005 la nouvelle
Supérieure Générale des Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique, connues
aussi sous le nom de Sœurs Blanches, engagées dans l’évangélisation sur le continent
africain. Née le 6 août 1948 à Teruel, la nouvelle Supérieure Générale a missionné
au Burkina Fasso, en Mauritanie et en Algérie. Elle a été Assistante Générale
de 1993 à 2005, et en même temps Secrétaire Générale à partir de 1999.
Qui
sont les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique et quel est votre charisme?
Notre
Congrégation a été fondée en Algérie, en 1869, par le Cardinal Lavigerie qui
avait fondé les Pères Blancs l’année précédente. Le Cardinal était persuadé
que dans le monde musulman où nous étions appelées à travailler, la présence
de femmes missionnaires était absolument nécessaire.
Depuis
nos origines, notre Congrégation avait comme but de travailler parmi les musulmans,
spécialement parmi les femmes, et de promouvoir l’évangélisation de l’Afrique.
L’évangélisation
de l’Afrique, comprise dans un sens global, inclut tout ce qui peut contribuer
à la croissance des personnes et de la société. Cela est indissociable de la
proclamation explicite de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.
Nous
nous voulons présence d’Église, là où l’Église n’est pas encore présente, ou
en minorité, là où les populations n’ont
pas encore entendu parler de Jésus Christ.
Nous
sommes présentes en Mauritanie, Algérie, Tunisie, Mali, Burkina Faso, Tchad,
Ghana, Kenya, Uganda, Tanzanie, Malawi, Mozambique, Zambie, Rwanda, Burundi
et le Congo.
Quelles
principales difficultés rencontrez-vous dans votre travail missionnaire?
Au
sein de la Congrégation je dirais que la principale difficulté est la diminution
de nos effectifs. Nous sommes beaucoup moins nombreuses que dans le passé. C’est
un défi que de continuer à donner expression à notre charisme avec créativité
et de ne pas nous décourager par la baisse de nos nombres. Ceci a été une des
questions discutées pendant notre Chapitre de juillet (2005).
Un
grand défi (plutôt qu’une difficulté) nous vient du fait de la mondialisation.
La mondialisation rend notre monde très complexe et interdépendant. Elle représente,
à la fois, des chances et des risques nouveaux. Notre présence missionnaire,
aussi simple soit-elle, ressent ces chances et ces risques.
Le
Chapitre a cherché à actualiser notre charisme pour l’Afrique.
Le
phénomène de la migration, les relations internationales du point de vue politique
et économique, l’évolution démographique de l’Église, etc… nous font comprendre
l’Afrique comme une réalité qui va au-délà de ses frontières géographiques.
L’écart
toujours grandissant entre riches et pauvres et les conflits inter-religieux
et inter-culturels sont d’autres grands défis pour la Mission.
Sœur
Supérieure Générale, veuillez nous parler de vos relations avec les Musulmans
et les croyants d’autres religions.
Nous
sommes envoyées vers le monde musulman. Cela fait partie intégrante de notre
charisme. Notre Congrégation s’efforce de préparer nos Sœurs au dialogue inter
religieux par l’étude de l’Islam, de la langue arabe, et aussi au dialogue avec
les croyants de religions africaines traditionnelles. La préparation de nos
Sœurs est un défi majeur.
Sur
le terrain il y a deux aspects:
Souvent
nous établissons des relations inter religieuses positives et une collaboration
amicale pour promouvoir ensemble le bien de la société civile.
En
même temps nous sommes conscientes des antagonismes parmi les religions. Certains
de ces antagonismes ne sont pas de nature religieuse, mais ils ont une influence
sur les rapports entre les croyants en exacerbant de possibles tensions latentes.
Nous voulons être présentes dans ces milieux pour, autant que possible, promouvoir
le dialogue et faciliter les relations.
Quelles
ont été les principales questions examinées par votre Chapitre et les lignes
de conduite pour votre Congrégation?
Le
thème du Chapitre était « Célébrer et bâtir notre communion pour la Mission
». Les mots-clés étaient donc mission et communion.
La
« Mission » a toujours été au cœur de notre charisme de congrégation. Mais,
nous trouvant dans un contexte historique nouveau, nous avons cherché comment
l’actualiser pour aujourd’hui.
Quant
à la « Communion », c’est un appel qui nous est adressé tant au niveau interne
de notre Congrégation que dans notre engagement missionnaire.
En
effet, pendant des années, toutes nos Sœurs étaient originaires du monde occidental,
mais aujourd’hui nous sommes plus « interculturelles ». Vivre ensemble notre vocation, comme des sœurs,
dans le respect de nos différences est un appel qui nous vient tout droit de
l’Evangile.
Pour
ce qui est de nos engagements missionnaires, nous voulons que nos activités
et ministères contribuent à faire grandir la Communion parmi les personnes
et les peuples. C’est ce pourquoi Jésus a donné sa vie !
Rome, Agence Fides 16/11/2005